Rien de grave – Justine Levy

Résumé 

 » Tu t’attendais à quoi ? Je lui ai dit. Tu crois que ça va être facile de me quitter ? Tu crois que je vais te laisser faire comme ça ? J’ai lancé le cadre par terre, le verre s’est brisé mais comme c’était pas assez, j’ai bondi du lit et j’ai déchiré la photo, celle qu’il prétendait tant aimer, la photo de nous deux en mariés, beaux et légèrement ridicules, il y avait tant de monde qu’on ne connaissait pas à notre mariage qu’on est partis avant la fin. Il a eu l’air triste, plus de la photo déchirée que du fait de me quitter. Il a toujours été fou avec les photos. Parfois je me disais qu’il n’aimait les choses de la vie que pour les voir un jour en photo. Moi c’est le contraire, rien ne me fait plus peur qu’une photo de bonheur avec toute la quantité de malheur qu’elle promet, qu’elle contient, mais sans le dire, en cachant bien son jeu. Je ne savais pas encore que c’était la meilleure chose qui puisse m’arriver, qu’il me quitte. Comment j’aurais pu le savoir ? Il était toute ma vie, sans lui je n’existais pas. « 

Mon avis

Le premier amour… certainement le plus douloureux…

Son style direct, dur, mais une écriture émouvante et juste !
Comme dans la première chronique que j’ai faite : « Mauvaise fille », le style de Justine Lévy est surprenant. Elle déballe ses pensées sur papier au fur et à mesure. Comme si elle ne réfléchissait pas à la tournure de ses phrases avant de les écrire. En tout cas c’est ce qu’elle me laisse penser.

Elle parle de sa vie, de sa famille, se livre, se confesse.
On découvre une espèce de rivalité avec sa mère. Une certaine jalousie, beaucoup d’admiration, des non-dits et des maladresses.
Elle se sent coupable de penser un peu trop à elle-même, ce qui finalement ne la rend plus si égoïste qu’elle le pense.

Dans ce bouquin, elle doit faire face à 2 douleurs. Celle de la mort de sa grand-mère et un chagrin d’amour.

Elle rencontre Pablo qui essai de l’aider dans son malheur, mais on dirait qu’elle refuse le bonheur, qu’elle n’est pas prête pour ça. Pas tout de suite en tout cas.
En se dévoilant comme le fait Justine, on s’aperçoit qu’elle est dans une grande souffrance. Quant à Pablo, lui, est doté d’une grande patience.

« Il s’approche de moi, prend ma cigarette pour allumer la sienne, souffle la fumée par le nez, on dirait un taureau prêt à charger et il me dit d’une voix très douce : « Non, je ne te laisserai pas tranquille; » […]

– Alors je te quitte, je lui réponds.
– Quoi ?
– Je te quitte je te quitte je te quitte.
– Tu es folle, Louise, tu es folle.
– Va-t’en.
– Non, certainement pas. Je te laisserai pas dans cet état.
– Mais quel état, y a pas d’état, c’est mon état, je veux être seule, tu peux comprendre ? seule seule seule seule !
– […]
– Mais tu m’énerves avec ton enthousiasme, tu vois toujours le bon côté des choses, moi j’ai pa
s de bon côté, c’est ça que t’as pas saisi, je veux être seule, rien attendre, rien espérer, dormir fumer des clopes manger hiberner, ne pas penser, ne pas réfléchir […]

Tout au long du livre. Justine jongle avec sa nouvelle histoire d’amour (qui n’en est pas vraiment une, du moins au début), et son chagrin d’amour.
Au fil de l’histoire, on comprend que la rupture a été très difficile, mais aussi très humiliante.
Son mari, s’est tiré « pour faire un enfant avec la fiancée de son père adoré ».

A cause de lui, elle a avorté de l’enfant qu’elle portait pourtant depuis 5 mois. A cause de lui, elle est dévastée.
Elle raconte son traumatisme avec une certaine lucidité et dureté dans ces propos. Mais ces confessions nous rapprochent de l’auteure.

Elle nous raconte sa dépendance aux amphétamines.
Elle nous parle de son père, adoré, admiré. Un père qui prend beaucoup de place dans sa vie. Peut-être un peu trop ?
Elle raconte ses soupçons de tromperies de son mari Adrien avec sa belle mère

« Alors je sais que qu’on ne peut pas rompre bien. Je sais que c’est toujours atroce, et que ça fait toujours atrocement mal, et que le rompu  toujours le mauvais rôle, et qu’il à toujours tendance à dire les salauds, les méchants, une gentille fille comme moi, un si brave garçon, comment est-ce qu’on a pu nous faire ça à nous ? Mais quand même, c’est pas si fréquent un type qui plaque la femme qu’il aime pour faire un enfant avec la fiancée de son père adoré »

Un livre dur, triste et émouvant…

 

Ce qui est drôle, c’est que j’ai découverte cette auteure, par simple curiosité. Je pensais que son père était Marc Levy (bon ok, l’âge aurait pu me faire penser que ce n’était pas son père). Et au fil de la lecture, j’étais pourtant de plus en plus persuadé que j’avais peut-être raison, puisqu’elle en parle souvent dans ses livres, en disant que c’est un écrivain très connu et admiré de tous. Alors je n’avais quasiment plus de doute à ce sujet… Mais Justine Lévy, ne nous dévoile jamais véritablement le nom de son père. Alors j’ai quand même voulu vérifier sur la toile.
Et c’est là, à ma grande surprise, que j’ai découvert, que son père était en réalité BHL – Berard Henry Lévy, et que cette belle-mère si détestée, n’est nulle autre que Mme. Carla Bruni (aujourd’hui la première dame de France). Si si !!

En tout cas, j’ai un gros coup de cœur pour cette auteure découverte par hasard. Et je vous invite à la découvrir également !!

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5 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Elizabeth-Bennet

    Je l’ai lu l’année dernière et j’avais beaucoup aimé. Gros coup de coeur pour le style de Mlle Lévy 🙂 Par contre, je savais qui elle était ainsi que les personnages dont elle parle avant de le lire, j’avoue d’ailleurs que je l’ai lu en partie par curiosité…au final, j’ai eu une très bonne surprise !

    • 2
      Jen-Cz

      Bonjour Elizabeth 🙂
      Je sais aujourd’hui que beaucoup de personnes ayant lu ses bouquins connaissaient son histoire à cause notamment de Carla Bruni. Mais personnellement j’ai été complètement surprise et j’ai adoré son style. Et je suis ravie de voir que je ne suis pas la seule 🙂

  2. 3
    Alex

    Je l’avais vu à l’époque présenter son bouquin chez Ruquier ou Ardisson, me souviens plus. Elle avait clairement parlé de Carlita et ne l’avait d’ailleurs pas raté 😉
    Merci pour cette chronique, son style a l’air vivant et captivant.

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